A l'origine, la lavande est une plante tropicale. Autant dire qu'elle a su s'adapter.
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Le Mont Ventoux n'est pas seulement le repère des cyclistes en quête de sommets de légende. C'est aussi une terre où poussent les lavandes. Catherine Liardet, pépiniériste, spécialiste des lavandes, nous reçoit à la Ferme aux lavandes.
Nous sommes début juin, le soleil se cache quand nous arrivons. Puis il se met à tomber averse. Catherine Liardet est déçue de nous recevoir dans ces conditions. Les pluies incessantes de ces dernières semaines l'empêchent de tondre et de mettre en place l'ensemble du jardin. Pourtant, sous la pluie et dans le jardin aux herbes un peu hautes, nous devinons l'esprit des lieux. Nous découvrons avec elle le Jardin conservatoire des lavandes qu'elle a créé.
Le Jardin conservatoire comprend plus de 200 variétés de lavande que je collectionne depuis plus de 10 ans. Avec cette collection, je cherche moins à être exhaustive qu'à regrouper les principales espèces et les variétés les plus récentes. Je présente ainsi tous les types de feuillages — feuillage entier, feuillage ligneux, lavande papillons — que je décline ensuite selon le coloris du feuillage, qui peut aller du blanc au gris et au vert, et selon la couleur des fleurs : roses, bleues, mauves ou blanches. C'est cette richesse que je veux montrer.
Ce jardin me sert à sensibiliser les visiteurs au patrimoine botanique, mais aussi à montrer mon savoir-faire de pépiniériste et à donner des idées d'aménagement. Dans un jardin, on ne plante jamais uniquement des lavandes. Je collectionne donc aujourd'hui d'autres plantes, mon principe étant qu'elles soient harmonieuses entre elles. Pour qu'un jardin soit réussi, il lui faut de la couleur, des formes et du volume. Mon point de départ est toujours la couleur. Ici, le premier espace est à dominante blanc et bleu, le second utilise une palette de roses. Puis j'associe les formes en plaçant des campanules ou des roses miniatures et j'ajoute du volume avec des agapanthes ou des sauges guaranatica. Je n'utilise que des engrais et des traitements naturels et je laisse les animaux et les insectes faire le reste.
Mon arrière-grand-père distillait déjà la lavande pour la pharmacopée, ici, au pied du Mont Ventoux. J'ai toujours aimé cette plante. En 1994, j'ai commencé à m'y intéresser vraiment. Je me suis mise à l'étudier de façon approfondie : j'ai suivi des études d'agronomie pour pouvoir par la suite faire de la sélection variétale. J'ai alors découvert que la lavande est une plante tropicale, qui aime l'eau et la bonne terre ! Ici, à Sault, nous avons des gelées tardives, un été très sec, un sol argilocalcaire et pourtant la région est connue pour ses champs de lavande. C'est dire si la lavande a une grande capacité d'adaptation ! J'ai donc petit à petit évalué son adaptation au climat puis j'ai sélectionné les variétés et entamé une collection.
J'ai eu le plaisir de travailler comme consultante sur le projet de création du parc naturel du Cap en Afrique du Sud. Je suis allée deux fois en Australie pour animer des conférences. J'ai écrit un ouvrage sur la lavande. Et je m'apprête à reprendre l'exploitation lavandicole de mes parents, une exploitation de 30 hectares dont la récolte sert à la parfumerie et à la confection d'huiles essentielles. Comme vous voyez, je ne manque pas d'activités. J'aime cette diversité et ce contact avec la nature.
Lavandes et paysages de lavande, guide pratique du jardinage des lavandes, Catherine Liardet, éditions Jardin conservatoire de la lavande
La Ferme aux lavandes, jardin conservatoire et pépinière, route du Mont-Ventoux, 84390 Sault-en-Provence.
Visites et ateliers sur rendez-vous en juillet et août : 04 90 64 13 08 ou au 06 82 93 52 09.
Olivier Siddi