Il existe une diversité incroyable de mimosas
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A Bormes-les-Mimosas, Gérard Cavatore, propriétaire et créateur des pépinières éponymes, possède 180 espèces et variétés de mimosas. Une passion à plein temps qu'il partage volontiers.
Bormes-les-Mimosas porte décidément bien son nom. Partout sur les collines, dans les jardins et sur le bord des routes, éclosent au milieu de l'hiver des milliers de petites boules jaunes au parfum envoûtant. Installé dans cette charmante ville varoise, Gérard Cavatore, propriétaire des pépinières du même nom, possède 180 espèces et variétés différentes de mimosas. Buissonnant, arbustif ou rempant, à fleurs en forme de grain ou d'épi, à feuilles fines, triangulaires, arrondies, ovales... La diversité est remarquable. Dans les allées de la pépinière, des écriteaux indiquent le nom des différentes espèces : Acacia Dealbata, Acacia Vestitia, Acacia Terminalis... "Mimosa est le terme vulgairement utilisé pour désigner une plante qui est botaniquement parlant un Acacia" précise à raison Gérard Cavatore. "A ne pas confondre avec ce que tout le monde appelle Acacia mais qui est en fait un Robinier."
L'histoire entre Gérard Cavatore, enfant du "pays", et la belle aux fleurs jaunes commence dans les années 1970, lorsqu'un vieux pépiniériste de Solliès-Pont, près de Toulon, enseigne à l'homme comment greffer la plante. "Ce qui m'a passionné c'était de découvrir qu'il existe une diversité incroyable de mimosas. Par la suite, j'ai recherché d'où il venait, comment il avait été introduit dans nos régions, quelles étaient les différentes espèces existant." Aujourd'hui, Gérard Cavatore est détenteur de la Collection nationale de mimosas agréée par le Conservatoire français des collections végétales spécialisées. Les espèces qu'il possède sont majoritairement originaires d'Océanie. "Sur 1200 espèces et variétés existant, on en trouve 800 en Australie et en Tasmanie. On en trouve également en Amérique centrale et du Sud et en Afrique du Sud, mais ce sont souvent des espèces épineuses, donc moins intéressantes au niveau décoratif."
L'arrivée du mimosa en France remonte au XVIIIe siècle, lorsque le Capitaine James Cook, navigateur anglais, découvre l'Australie. "A l'aide de naturalistes et de botanistes, James Cook a ramené des graines et des plantes en Angleterre" raconte Gérard Cavatore. "Ces plantes ont d'abord été acclimatées à Londres et en particulier au Royal Garden de Kew. Dans les années 1830-1850, les anglais ont construit de somptueuses propriétés sur la côte française, entre Toulon et la Riviera italienne. Ayant un esprit botanique élevé, ils y ont planté des végétaux qu'ils n'avaient pas l'habitude de côtoyer." C'est ainsi que le mimosa s'est retrouvé sur la côte avec une nature de sol et un climat adaptés, tout à fait similaires à certaines contrées australiennes.
Passionné par son métier, Gérard Cavatore ne se lasse pas d'acclimater de nouvelles espèces. "Par exemple," explique-il en montrant un Acacia Uncinata, "celui-ci a été acheté sous forme de graines en Australie. Il a fallu attendre deux ou trois ans avant de voir apparaître les fleurs, de constater sa tenue, sont port et donc de déterminer s'il pouvait représenter un élément décoratif dans un jardin. Après seulement est venu le travail de reproduction." Mais d'autres mimosas n'ont pas la chance d'Acacia Uncinata. Jugées sans attrait ou trop difficiles à cultiver, certaines espèces sont tout simplement exclues des Pépinières Cavatore.
N'imaginons pas que le mimosa soit l'apanage de Bormes-les-Mimosas et du massif des Maures. A l'état spontané, celui-ci pousse aussi du côté de Mandelieu, de Cannes, de Perpignan et sur toute la côte atlantique. Partout ailleurs, il s'agit de mimosa greffé. "La greffe permet d'obtenir un mimosa qui a une bonne tenue au calcaire et une floraison dès le première année" explique Gérard Cavatore. En revanche, même greffé, le mimosa ne résiste pas davantage au froid. Dans les régions ayant des températures hivernales inférieures à -8 °C, on ne peut pas se permettre d'avoir des mimosas en pleine terre. Habitants de ces régions, sachez donc que le mimosa se cultive aussi en pot. Les règles sont plus strictes, mais en suivant scrupuleusement les conseils du spécialiste, vous pourriez vous aussi avoir la chance de voir éclore de petites boules jaunes, dès l'hiver prochain.
Mimosas et Acacias pas à pas, par Gérard Cavatore - Editions Edisud
Pépinières Gérard Cavatore
Le Mas du Ginget
488, chemin de Bénat
Bormes-les-Mimosas
Tél. : 04 94 00 40 23
Mail : mimosas@wanadoo.fr
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