Faire entrer la couleur et le parfum de la violette dans les maisons de Toulouse
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A Toulouse, la violette fait partie du patrimoine de la ville. Un patrimoine qu'Hélène Vié, créatrice de la Maison de la Violette, cherche à préserver avec énergie.
Toute de violet vêtue, un paquet de bonbons à la main, Hélène Vié accueille les visiteurs à bord de sa péniche mauve et verte amarrée à deux pas de la gare Matabiau. Il y a huit ans, cette originaire de Carcassonne y a créé la Maison de la Violette, une boutique dans laquelle elle propose de nombreux produits de sa création à base de violette. Entre Hélène Vié et cette fleur parme au coeur blanc, tout commence par une histoire de couleur. Celle qui se décrit comme une "inconditionnelle du violet" collectionnait depuis toujours les objets de cette teinte : parfums, chapeaux, sacs à main... L'histoire aurait pu s'arréter là.
A 18 ans, Hélène Vié obtient un bac d'économie. A la jeune fille qui rêvait de faire les Beaux-Arts, de peindre, de créer, les parents inquiets répondent : "Tu apprendras un métier !". Alors Hélène devient assistante sociale dans l'armée. Plus de 5 ans de bons et loyaux services qui lui valent le grade de Capitaine. Mais chassez le naturel... Hélène Vié abandonne l'armée et se lance dans la vente de fleurs, puis rapidement oublie son magasin pour se consacrer entièrement à la violette. Ses premières créations sont des pots pourris. "Mon idée était de créer autour de cette fleur, de faire entrer sa couleur et son parfum dans les maisons de Toulouse." En 1993, son atelier Le Jardin d'Elen voit le jour.
A l'époque où Hélène Vié se lance dans cette nouvelle aventure, la chambre d'agriculture souhaite relancer la culture de la violette de Toulouse dont la production a quasiment disparu depuis les années 1960. Une disparition en partie justifiée par la dégénérescence des pieds : "C'est une variété qui n'est pas sauvage, qui ne fait pas de graine", explique Hélène Vié, "il faut absolument bouturer ses stolons pour la perpétuer. Elle était cultivée depuis 1850 mais après plus d'un siècle de bouturage, le pied a dégénéré, a commencé à accumuler des viroses, des carences et il a fallu l'intervention de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique, Ndlr) à Toulouse pour que la variété soit améliorée." Dès lors, la violette se cultive hors sol, facilitant ainsi le travail des horticulteurs parmi lesquels certains acceptent d'en produire à nouveau.
En 2000, Hélène Vié crée la Maison de la Violette sur une péniche achetée à Montauban qu'elle installe sur le canal du Midi. Depuis, elle y vend ses créations : bonbons, confitures, infusions, vinaigre à la violette et tant d'autres... Les produits, imaginés et conditionnés par Le Jardin d'Elen, sont fabriqués par des sous-traitants. Les affaires marchent bien. Hélène vend dans de prestigieuses enseignes et exporte dans de nombreux pays. En tout, elle a plus de 400 points de vente. Pourtant, son inquiétude est palpable : "Il y a 15 ans, on comptait 15 producteurs de violettes de Toulouse. Il n'en reste que cinq aujourd'hui. Je manque de matière première et je dois faire appel à d'autres régions productrices de violettes pour la fabrication de mes produits." Mais Hélène Vié n'est pas du genre à se décourager.
En 2007, elle crée une exploitation à 80 kilomètres de Toulouse. Avec l'aide de sa famille, elle y cultive quelque 3 000 plants de cette violette à floraison hivernale. Insuffisants, certes, pour ses créations mais Hélène Vié veut montrer l'exemple. Production, création, conditionnement, vente... Elle fait tout cela à la fois et s'évertue, en outre, à assurer la promotion de sa fleur favorite en organisant et en participant à de nombreuses manifestations autour de la violette. Et comme si cela ne suffisait pas, cette passionnée a déjà en tête plusieurs projets dont celui de créer un livre de cuisine qui regrouperait de nombreuses recettes... à base de violette. Evidemment.
La Maison de la Violette
Face au 2, boulevard de Bonrepos, à Toulouse
Tél. : 05 61 99 01 30
www.lamaisondelaviolette.fr