Mon métier de mécanicien moto ne me prédisposait pas à cultiver les plantes.
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L'histoire commence en 1997 lorsque Jean-Pierre Paris décide d'aménager un terrain en bord de Marne aujourd'hui ouvert à la visite. Portrait d'un homme qui participe activement à la préservation de la flore locale et au renouveau de la biodiversité.
"On ne peut pas dire que c'est mon métier de mécanicien moto qui me prédisposait à cultiver les plantes. J'aurais pu être du style à les écraser sans remords", s'amuse Jean-Pierre Paris quand on lui demande d'où lui vient cette passion. Certes il est né dans la campagne d'Epernay et a appris, enfant, à reconnaître les plantes comestibles pour l'homme et les animaux. Mais c'est avant tout la possession d'une parcelle de terre en friche où poussaient des "mauvaises herbes" qui lui donne l'idée, il y a 10 ans, de préserver la flore sauvage locale. Les plantes qu'il découvre au gré de ses promenades dans la région s'ajoutent petit à petit à celles qui poussaient déjà sur ce terrain. "Quand je plante ou quand je sème une nouvelle espèce sur mon terrain, je veille à la placer dans la même configuration que celle où elle se trouvait : même position par rapport au soleil, même type de sol."
Une chose est de planter, une autre est de désigner les végétaux. Pour faire l'inventaire des espèces qui poussent dans son jardin, Jean-Pierre Paris se met à la botanique. Le travail de documentation prend une place importante dans un tel projet. "J'ai une vingtaine d'ouvrages de chevet qui me permettent de reconnaître les différentes variétés. Je passe aussi beaucoup de temps sur Internet à consulter des sites spécialisés. Et je demande parfois l'avis de passionnés comme moi." Le jardin compte aujourd'hui 450 plantes. Je l'ai nommé Salix-Malva parce qu'on y trouve toutes les variétés de saules (Salix) et de mauves (Malva) de la région."
Jean-Pierre Paris est également responsable associatif dans le domaine de l'Environnement. Il est actif dans plusieurs commissions, du Département et de la Région. L'une des réussites des associations pour lesquelles il milite : avoir obtenu de la direction départementale de l'Equipement qu'elle retarde des dates de fauchage. Résultat : "Les fleurs qui n'avaient pas le temps de tourner en graine et de se reproduire refont leur apparition." Bien sûr, ce jardinier n'a recours à aucun traitement chimique. "Je n'utilise aucun pesticide ni herbicide. J'ai appris à connaître les plantes, à reconnaître celles qui sont dominantes. Du coup, je désherbe à la main."
"Pour moi, un jardin doit aussi être à l'origine de tout un cycle de vie. J'observe toujours les enfants qui viennent visiter... Les fleurs les occupent quelques minutes mais les grenouilles pourraient les occuper des heures." La joie des enfants s'ajoute à la satisfaction de ce jardinier qui constate que l'écosystème de son jardin est équilibré. Il avoue avec bonheur : "Durant l'été 2006, un nouvel oiseau a fait son apparition au jardin. Il ressemblait à un pivert mais avait une couleur d'écorce. J'ai découvert qu'il s'agissait d'un torcol, attiré par les fourmis dont il se nourrit, attirées elles-mêmes par une plante que j'avais semé." Pas étonnant que les visiteurs passent trois heures dans le jardin plutôt qu'une comme ils avaient prévu. Jean-Pierre, quant à lui, ne compte pas le temps qu'il y consacre. La nature est un enjeu essentiel.
Le jardin Salix-Malva qu'a créé Jean-Pierre Paris à Epernay.
Salix Malva