Dans un jardin, le spectacle entre en résonance avec ce pour quoi il a été écrit.
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Elle est metteur en scène. Elle aime aussi la nature et les plantes. Pour concilier ces passions, elle a créé en 2004 Théâtre au jardin, un concept à découvrir.
Pauline Tanon arbore une large pivoine sur son chemisier blanc, bien plus qu'un clin d'œil pour la créatrice de Théâtre au jardin, ravie de nous donner rendez-vous au Jardin médiéval d'Uzès avant la représentation de sa nouvelle pièce, Du foin dans la tête. "Faisons d'abord un tour du jardin. Quel bonheur de retrouver ce contact avec la nature. Regardez. Et sentez. Ce matin, les comédiens ont répété dans l'odeur des roses. J'ai hâte d'être à ce soir pour la représentation."
Une hâte qui s'explique tout naturellement : cette pièce a été créée en salle mais c'est au jardin qu'elle prend toute son ampleur quand le texte, le jeu des comédiens, le décor vivant et le public se répondent dans une profonde unité. « Au jardin, avec les comédiens, j'ai exactement la sensation de plantes que vous avez gardées dans un pot et que vous mettez soudain en pleine terre. Ils sont portés par le cadre. » Pour parvenir à ce spectacle total, Pauline Tanon choisit avec précision des textes où la nature occupe une large place. "Ma première vocation, c'était d'être paysagiste. Je me passionne depuis toujours pour les plantes. Mais personne n'a écrit de pièces pour le jardin, alors j'adapte des textes."
Avec Du foin dans la tête, elle met en scène la rencontre dans la campagne anglaise de Jean-Jacques Rousseau, venu herboriser pour soulager ses tourments, et de la duchesse de Portland, admiratrice du philosophe et passionnée de botanique. Pauline Tanon a relu les écrits et la correspondance du philosophe et écrivain. "Rousseau avait une vraie passion pour la botanique, qui, à l'époque, était une science débutante. Rousseau se passionnait aussi pour la pédagogie... et pour la conversation avec les femmes." De quoi alimenter le ressort dramaturgique de la pièce où il est question du sexe... des plantes. Et Pauline n'a pas hésité à emmener ses comédiens au Jardin des plantes de Paris à la découverte de l'herbier du Muséum national d'histoire naturelle. "Je voulais qu'ils perçoivent l'effervescence scientifique de l'époque."
Un texte, des comédiens, un jardin... et un public. Pauline Tanon avoue qu'elle affectionne particulièrement celui des jardins. "L'atmosphère d'un jardin joue beaucoup. Les personnes qui pourraient ne pas se sentir à l'aise sur un siège de théâtre sont détendues. C'est moins intimidant. Du coup, le public est spontané. Quant aux amateurs de jardin, ils savourent ces textes qui entrent en résonance avec leur expérience." Le jardin est incontestablement un terrain de rencontre, d'émotions, de découverte qui stimule en retour la création. Depuis 2005, Pauline Tanon a mis en scène deux pièces dans le cadre de Théâtre au jardin, et pense déjà à la prochaine. C'est sûr, ce metteur en scène n'a pas fini de nous cueillir par surprise.
Samedi 23 juin 2007 : Du foin dans la tête ou quelques lumières sur le sexe... des plantes avec Jean-Claude Bonnifait et Magali Noaro sera joué dans le cadre de du festival lorrain Jardins à suivre à l'abbaye de Saint-Mihiel (Meuse)
Pour en savoir plus et vous tenir au courant de l'actualité de la compagnie, consultez le site internet de Théâtre au jardin.
Patrick Chapuis, sauf portrait de Pauline Tanon