Je travaillais sans relâche (...) avec la volonté d'arriver à un résultat nouveau et de créer quelque chose qu'on n'aurait pas encore vu.
![]()

Le musée du Luxembourg à Paris expose quelque 400 bijoux d'exception créés par René Lalique entre 1890 et 1912. L'occasion de présenter cet artiste qui, avant d'être verrier, fut d'abord joaillier.
Ornement de corsage "Oiseaux chanteurs", pendant de cou avec chaîne "Femme Libellule, ailes ouvertes", diadème "Branche de pommier", pendant de cou "Fleurs d'aubépine"... avec René Lalique la nature est partout, ce qui bouleverse quelque peu la conception de la joaillerie de l'époque. Aux diamants et aux pierres précieuses, il va préférer l'or ciselé, l'émail, l'opale et remplacer les noeuds et rubans par la faune et la flore.
Enfant, il aimait se promener dans la campagne champenoise. Devenu créateur de bijoux, il recherche au Jardin des plantes fleurs et plantes exotiques. Il étudie sans cesse la flore – iris, anémones, muguet, chardons... – mais aussi les insectes, reptiles ou oiseaux. Son autre grand sujet d'inspiration est la femme, largement associée au monde végétal, en symbiose avec lui : femme libellule, femme scarabée ou femme orchidée. Un univers qui s'enrichit par ailleurs de l'influence de l'art japonais et du goût de l'époque pour les courbes et la sensualité. Le génie de Lalique consiste à inventer un nouveau langage en parvenant à maîtriser les techniques qui répondent à son sens du dessin, de la couleur, et à ses thématiques privilégiées.
Son parcours est celui d'un garçon peu enclin aux études que ses parents placent en apprentissage chez le bijoutier Louis Aucoc en 1876. Ce dernier repère le talent de son élève. Le jeune homme acquiert très vite une notoriété dans le milieu de la joaillerie, reprend un atelier en 1885 et travaille avec de grands noms de la profession. Il est le collaborateur anonyme de Vever et de Boucheron. Il réfléchit, élabore, expérimente de nouveaux procédés de fabrication. En 1888, il réalise ses premiers bijoux en or ciselé. Il va donc pouvoir faire vivre ses projets et ouvrir une nouvelle voie dans le domaine de la création de bijoux. Il utilise ces matériaux si peu prisés à l'époque, il les associe dans des compositions à la fois profuses et légères.
Gemmes colorées, perles nacrées, ivoire, ors brillants, émaux... l'Exposition universelle de 1900 consacre l'artiste. L'aristocratie internationale achète ses bijoux. La célèbre actrice Sarah Bernhardt est conquise. En 1894, il réalisait déjà pour elle des bijoux de scène pour la pièce Gismonda de Victorien Sardou. Il lui crée désormais des parures personnelles. Si René Lalique s'oriente ensuite vers la verrerie, il n'en demeure pas moins, aux yeux d'Emile Gallé, pionnier de l'Art nouveau, l'inventeur du « bijou moderne ».
L'exposition René Lalique, bijoux d'exception, 1890 1912 rassemble près de 400 oeuvres du créateur. A découvrir jusqu'au 29 juillet 2007 au musée du Luxembourg à Paris.